Trump prévoit de reprendre les bombardements de l’Iran dès le lendemain des élections de mi-mandat

Le président Donald Trump arrive pour prendre la parole lors d’un meeting de campagne au Five Flags Event Center, le dimanche 1er novembre 2026, à Dubuque, dans l’Iowa. [AP Photo/Charlie Neibergall]

L’administration Trump avait demandé aux gouvernements arabes du Golfe de se préparer à une nouvelle série de frappes contre l’Iran dès le 4 novembre, le lendemain des élections de mi-mandat de mardi, a rapporté vendredi MS NOW, la chaîne câblée anciennement connue sous le nom de MSNBC, citant trois hauts responsables arabes du Golfe. Selon la chaîne, le président américain Donald Trump prévoyait de reprendre les bombardements de l’Iran une fois les élections terminées.

Les élections de mardi devraient refléter l’opposition populaire écrasante à la guerre en Iran et à ses conséquences économiques, notamment la flambée des prix. Dans un sondage du Pew Research Center publié le 8 octobre, 65 pour cent des Américains ont déclaré désapprouver la manière dont Trump a mené la guerre.

Le Wall Street Journal a rapporté mardi que les États-Unis avaient fait savoir à plusieurs gouvernements arabes du Golfe qu’ils devaient s’attendre à une campagne militaire contre l’Iran après les élections. Selon le Journal, Trump penchait pour une attaque de grande ampleur après le scrutin, dont les cibles pourraient inclure les sites nucléaires de l’Iran et ses infrastructures.

MS NOW a rapporté que le porte-avions USS Theodore Roosevelt, avec son escorte et quelque 9 000 Marines et marins, arriverait fin novembre, devenant le troisième porte-avions dans la région, et que d’autres batteries antimissiles Patriot avaient été envoyées au Qatar et en Arabie saoudite.

Trump a déclaré vendredi à KCMO, une station de radio de Kansas City, que la guerre « allait être terminée très bientôt » et que les États-Unis « vont les éliminer », a rapporté MS NOW. Samedi soir, à Mar-a-Lago, sa résidence de Floride où se tenait une fête d’Halloween, Trump a dit aux journalistes : « Nous avons détruit leur nucléaire. Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d’un ou deux sites, mais nous pouvons le faire en dix minutes. »

Le secrétaire d’État Marco Rubio, qui accueillait à Atlanta les ministres des Affaires étrangères du G20, a déclaré samedi lors d’une conférence de presse dans cette ville : « Si nous devions faire quelque chose sur le plan militaire, nous en aurions la capacité et nous avons tout ce qu’il faut pour réussir. » MS NOW a cité un ancien responsable de l’administration, au fait de ses délibérations, qui a dit de Trump : « On l’a convaincu qu’avec cette attaque finale, nous pouvons obtenir un accord avec les Iraniens, ou enfin détruire leur programme nucléaire. »

Samedi, selon les médias iraniens tels que les résume l’Institute for the Study of War, le Guide suprême Mojtaba Khamenei a ordonné une riposte « sans limites géographiques » et demandé que la liste des cibles soit étendue à l’ensemble des intérêts américains et israéliens. Des responsables iraniens ont cité des bases américaines, des installations énergétiques du Golfe, des pipelines et des aéroports. Lors des combats du printemps, l’Iran a frappé des sites énergétiques et industriels aux Émirats arabes unis, ainsi que des aéroports au Qatar, au Koweït et à Bahreïn.

Le sénateur Chris Murphy, démocrate du Connecticut et membre des commissions des Affaires étrangères et des Crédits, a assisté à une séance d’information classée secret-défense sur ce plan. S’exprimant mercredi au Middle East Institute à Washington, il a déclaré que cette séance avait comporté « une conversation assez détaillée sur ce que serait le plan de guerre si nous relancions les opérations militaires », et que ce plan « mènerait, à mon avis, à une prolongation et à une escalade de cette guerre ». Il a évoqué les « informations publiques » sur ce que nous pourrions planifier et sur les infrastructures civiles que nous pourrions cibler.

Le lendemain, Murphy a écrit sur X : « Certains d’entre nous ont été informés du plan de guerre. Et même si je ne peux en divulguer aucun détail, je peux dire ceci : ce plan est insensé. Il n’atteindra pas ses objectifs et déclenchera un nouveau cycle d’escalade. » Murphy a été victime d’un accident vasculaire cérébral samedi et a été hospitalisé.

La déclaration de Murphy est particulièrement significative, car il a pris connaissance du plan. Un membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat a affirmé que l’opération produirait l’inverse de ce qu’on prétend en obtenir : une guerre plus longue et plus étendue, quelles que soient les intentions de l’administration. Ses objections portent sur l’efficacité et la légalité de l’opération, et non sur les buts de la guerre.

Pourtant, aucun démocrate, Murphy compris, n’a exigé que le contenu de cette séance d’information soit rendu public ni que le Congrès se réunisse de nouveau avant l’attaque.

Murphy est resté le seul parlementaire à s’être exprimé publiquement sur ces séances d’information. Le chef de la minorité au Sénat, Charles Schumer, a écrit mercredi sur X que Trump avait entraîné le pays dans cette guerre « sans plan, sans autorisation et sans stratégie de sortie », et que les démocrates avaient « donné aux républicains 14 occasions de demander des comptes à Trump et de mettre fin à cette guerre irresponsable ». Les messages publiés par Schumer cette semaine-là ne mentionnaient pas le plan de reprise de cette guerre.

Vendredi soir, alors que l’information de MS NOW circulait, la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, démocrate de New York, était la tête d’affiche d’un meeting de mobilisation électorale à Dumfries, en Virginie, en faveur du représentant Eugene Vindman, démocrate de Virginie et ancien de l’armée de terre. Les deux orateurs ont certes formulé quelques critiques sommaires de la guerre en Iran, mais aucun n’a mentionné les frappes prévues après les élections ni n'a mis en garde contre leurs implications, et encore moins appelé à s’y opposer.

Les démocrates passés dimanche sur CNN, CBS et NBC n’ont pas non plus mentionné ce plan. Le sénateur Raphael Warnock, de Géorgie, sur State of the Union, l’émission de CNN, n’a pas évoqué les frappes prévues. Quant au gouverneur de Pennsylvanie Josh Shapiro, sur Face the Nation, l’émission de CBS, ainsi qu’au gouverneur de l’Illinois JB Pritzker et au représentant du Maryland Jamie Raskin, sur Meet the Press, l’émission de NBC, ils n’ont même pas parlé de la guerre.

Le 22 janvier 2026, cinq semaines avant le début de l’attaque contre l’Iran, le Parti démocrate a fourni 149 voix à la Chambre des représentants au budget militaire de 839 milliards de dollars, adopté par 341 voix contre 88. Six semaines plus tôt, le 10 décembre 2025, la Chambre avait adopté la loi d’autorisation budgétaire de la défense nationale (National Defense Authorization Act) par 312 voix contre 112, avec le vote favorable de 115 démocrates, dont le chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, et, le 17 décembre, le Sénat l’avait adoptée par 77 voix contre 20, avec le vote favorable de Schumer, du sénateur de l’Illinois Richard Durbin et de 25 autres sénateurs démocrates.

Le 4 mars, le Sénat a rejeté, par 53 voix contre 47, l’examen d’une résolution sur les pouvoirs de guerre visant à mettre fin à la guerre, et le 5 mars, la Chambre a rejeté, par 219 voix contre 212, une mesure similaire.

Les prix de l’essence avaient augmenté de plus de 40 pour cent depuis le début de la guerre, et la moyenne nationale dépassait 1,05 dollar le litre, selon les chiffres de l’AAA (American Automobile Association) publiés sur un outil de suivi des prix de NBC News mis à jour samedi. Le Bureau des statistiques du travail a indiqué le 16 octobre que, sur les douze mois jusqu’en septembre, les prix de l’essence avaient augmenté de 34,2 pour cent, ceux du fioul de 74,2 pour cent et ceux des billets d’avion de 22,4 pour cent, et que l’ensemble des prix à la consommation avait progressé de 3,7 pour cent.

Le Pentagone a indiqué au Congrès que le coût de la guerre avait atteint 47,1 milliards de dollars au 16 octobre, a rapporté mercredi le New York Times, et que plus de 60 pour cent de cette somme avait été consacrée aux bombes, aux missiles et à d’autres munitions. Le bilan des pertes publié par le Pentagone le 15 octobre recensait 21 militaires américains tués et 865 blessés dans la guerre contre l’Iran et les opérations connexes menées dans la région.

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